Restauration du Durbion

Faire du Durbion une rivière en bon état écologique

2019 a vu le démarrage du programme de restauration du Durbion qui durera en tout quatre année. Les premiers travaux ont été réalisés sur ce cours d’eau, de Viménil à Villoncourt, ainsi que sur l’Annol, un affluent situé à Sercoeur. La CCB2V coordonne l’ensemble de ce programme par convention avec la Communauté d’Agglomération d’Epinal.

Clôtures, plantations et rétablissement des écoulements

Les travaux, réalisés par deux groupements d’entreprises, ont pour vocation d’améliorer la qualité écologique de la rivière, jugée « moyenne » au regard des paramètres (chimiques, biologiques) contrôlés par les services de l’Etat. En parallèle, ils devraient permettre également de réduire les effets des crues qui ont fortement marqué le bassin-versant, notamment en 2006.

Les premiers travaux ont consisté à araser les accumulations de sédiments qui se sont formées sous les ponts à Gugnécourt. Le ruisseau, souvent curé à cet endroit par le passé, retrouve au fil des années un profil plus naturel. Il redevient plus étroit, ce qui évite la prolifération de végétaux dans le lit, qui s’entretient donc de lui-même en période de basses eaux.

Les entreprises ont également pratiqué des coupes d’entretien de la végétation pour limiter l’accumulation de branches et de troncs dans la rivière. Des plantations sont en cours pour régénérer la ripisylve (forêt de bord de cours d’eau), limiter l’érosion des berges, réguler la température de l’eau…

Enfin, des aménagements ont été réalisés sur les pâtures des agriculteurs volontaires afin de protéger le cours d’eau du piétinement par les animaux d’élevage : près de 4 km de clôtures ont été posées, la mise en place devrait se poursuivre cet hiver ou au printemps prochain.

Les prochains travaux porteront davantage sur l’aval du bassin-versant (de Bayecourt à Châtel sur Moselle) avec la poursuite des coupes sélectives dans la végétation des berges, ainsi que des aménagements agricoles. Sur le territoire CCB2V, un seuil sera aménagé à Gugnécourt afin de rétablir les déplacements des poissons et des sables, limons, etc. 

Des précautions supplémentaires devront être prises afin de limiter le dérangement des espèces, notamment celles qui sont rares et protégées, tant dans le cours d’eau que sur ses berges.

Un cours d’eau riche en espèces

Certaines espèces présentes dans le Durbion ou dans les milieux associés sont des indicateurs qui permettront d’évaluer les effets des travaux sur sa qualité écologique.

La CCB2V a ainsi réalisé des pêches électriques avec la Fédération de Pêche des Vosges et les bénévoles des associations locales. Ces pêches ont permis d’inventorier les poissons présents sur cinq secteurs répartis sur le bassin-versant. Les résultats présentent globalement une grande diversité d’espèces présentes avec une bonne représentation de la Truite fario dans les petits ruisseaux de tête de bassin. Les pêches seront reconduites sur plusieurs années pour avoir une idée de l’impact des travaux sur les populations de poissons.

Le Durbion abrite également une grosse population de Mulette épaisse, une moule d’eau douce qui accomplit une grande partie de son cycle de vie enfouie dans les sédiments au fond de la rivière. Elle joue dans la rivière le rôle d’un organisme filtreur et participe ainsi à réduire les matières en suspension et donc à améliorer la qualité du cours d’eau. Cette espèce protégée dépend de plusieurs espèces de poissons pour sa reproduction et elle est particulièrement sensible aux modifications du lit du cours d’eau. Des précautions seront donc à prendre lors des prochains travaux.

Les travaux en quelques chiffres

85 kilomètres linéaires de cours d’eau sont concernés par le programme de restauration

Plus de 20 km ont déjà fait l’objet de travaux

Le programme est financé à 60% par l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse et à 20% par le Conseil Départemental des Vosges