Trame Noire

La lumière artificielle répond à des besoins de société tels que la surveillance, la prolongation des services, la publicité, et la sécurité routière. Mais elle ne présente pas que des avantages pour l’être humain : consommation d’énergie, effet avéré sur notre santé, lumière intrusive gênante, et perte de contact avec le ciel étoilé. De plus, elle impacte négativement la biodiversité en empêchant les espèces de se déplacer, de se nourrir, et de se reproduire. La lumière artificielle s’ajoute à d’autres pressions sur la biodiversité nocturne : perte ou fragmentation des habitats, et mortalité par collision routière.

La Trame noire pour intégrer la biodiversité nocturne dans l’aménagement du territoire

La Trame Verte (terrestre) et Bleue (aquatique) correspond à un réseau d’habitats écologiquement fonctionnels. La Trame Noire ajoute dans sa définition le critère d’une obscurité suffisante pour ne pas perturber les espèces qui y vivent, qu’elles soient diurnes ou nocturnes. L’absence de haies, la destruction involontaire des habitats et la gestion forestière sont également des obstacles emblématiques de la trame noire.

L’atlas de la biodiversité réalisé par la CCB2V a mis en évidence une biodiversité nocturne riche mais vulnérable aux pressions exercées par les activités humaines. En 2023, la CCB2V a mené une étude sur le territoire pour cartographier les zones à enjeux et définir des actions concrètes à mettre en place le plus rapidement possible. Cette étude a permis de cartographier la pollution lumineuse afin de compléter les autres facteurs de fragmentation, identifier les zones de conflits avec les espèces et leurs habitats.

La sensibilisation pour créer une conscience collective des enjeux environnementaux

Afin de sensibiliser et d’accompagner les élus, principaux décideurs de l’aménagement du territoire, un colloque d’information et d’échanges a été organisé en juin 2023. L’occasion pour eux de se former sur la question et de répondre à toutes leurs interrogations autour de la pollution lumineuse, de la biodiversité, des économies d’énergie, de la rénovation du bâti mais aussi de la sécurité lors de l’extinction de l’éclairage. Ce format novateur fut un succès avec de nombreux participants qui ont abordé et pris en main le sujet sous ses multiples aspects.

La charte d’engagement de la trame noire basée sur 3 niveaux d’engagement

La CCB2V a décidé de s’engager sur le sujet à l’échelle intercommunale pour permettre une co-construction d’objectifs communs entre toutes les communes. Le 12 mars 2024 s’est tenue la signature de la charte d’engagement en faveur de la préservation et de la restauration de la Trame Noire.

23 communes ont pour l’heure signé cette charte, ce qui correspond à près de 70% du territoire de la CCB2V. De plus, la question de la trame noire a été débattue lors de tous les conseils municipaux, et chaque commune a été rencontrée par la CCB2V, faisant de la trame noire un vrai sujet de société sur notre territoire.

La charte, co-signée par le Pays de la Déodatie, propose trois niveaux d’engagement. Les engagements de 1er niveau instaurent notamment une plage d’extinction de l’éclairage public de 21h30 à 6h du 1er avril au 15 septembre, et l’application du pouvoir de police pour les éclairages privés. Afin de valider le niveau 2, les communes s’engagent à une mise en place plus technique, à appliquer à minima sur les zones de conflit. Les communes qui ont signé le niveau 3 de la charte se sont engagées à appliquer tous les engagements de niveau 2 sur l’ensemble de l’espace public.

Zoom sur les crapaudromes

Les amphibiens, du fait de leurs cycles de développement et de reproduction, sont obligés de parcourir des distances importantes et ainsi de traverser des obstacles tels que les routes. Ces dernières sont connues pour avoir un effet négatif significatif sur les populations d’amphibiens : de manière directe par écrasement routier ou indirecte par pollutions sonores ou chimiques. Elles peuvent ainsi contribuer à la réduction des tailles de populations ou être totalement infranchissables pour la faune. Plus le trafic est important et l’animal lent, plus la probabilité pour celui-ci de se faire écraser est élevée. 

Description des crapaudromes

Il s’agit de dispositifs éphémères permettant de faire traverser les crapauds, grenouilles et autres tritons à l’aide de grands filets, de seaux et surtout de bénévoles. Les filets sont tendus le long de la route avec des seaux enterrés tous les 10 mètres. Ainsi, les animaux voulant traverser se heurtent aux filets qu’ils longent jusqu’à tomber dans le seau, c’est alors que les bénévoles interviennent pour les faire traverser en toute sécurité. Lors des relevés journaliers, les bénévoles remplissent également une feuille de suivi pour noter l’espèce, le sexe, la date et les conditions météorologiques afin d’effectuer un suivi scientifique.

Objectifs

  • Préserver les populations d’amphibiens durant les migrations nuptiales 
  • Sensibiliser le public à la préservation des amphibiens et aux problèmes engendrés par les infrastructures routières 
  • Initier un suivi des espèces présentes afin d’augmenter le nombre de données connues  

Un nouveau crapaudrome installé à Xamontarupt

La CCB2V a lancé une enquête auprès des administrés et des communes afin de connaître les zones les plus meurtrières pour les amphibiens sur le territoire. 5 zones ont pu être identifiées : deux à Pierrepont-sur-l’Arentèle, une à Jussarupt, une à Herpelmont et une à Xamontarupt. Cette année 2025, un crapaudrome a aussi été installé sur le site de Xamontarupt, en plus des deux sites de Pierrepont-sur-l’Arentèle déjà mis en place en 2024.

Votre demande a bien été envoyée.

Nous vous y répondrons dans les plus brefs délais.

Aller au contenu principal